Nous avons connu, dans les années 50, l’entrée des sciences sociales dans la communication marchande lorsque le Marketing intégra à sa démarche la psychologie et la psychanalyse  pour stimuler les ventes. Aujourd’hui, dans un contexte de marché planétaire, le monde industriel s’associe à la recherche scientifique pour développer le Marketing de demain : le neuromarketing.

Nouvelle source d’intérêt, fraîchement apparue aux Etats-Unis, le neuromarketing doit permettre de sonder le cerveau des consommateurs pour cerner clairement ce qui déclenche son désir de consommer telle marque ou tel produit, ce qui lui procure du plaisir ou le fait fantasmer. L’enjeu est de taille puisque l’essor du neuromarketing pourrait favoriser un ciblage plus pertinent et accroître les profits des grands groupes industriels.

En résumé, le neuromarketing s’appuie sur les neurosciences et utilise l’imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle (IRMf) -qui donne une photographie tridimensionnelle très précise du cerveau et qui localise et enregistre son activité-. Il s’agit ainsi d’identifier les mécanismes cérébraux qui déclenchent l’acte d’achat. Demain pour réaliser leurs campagnes, les grands groupes pourront procéder ainsi pour mieux vendre leurs produits et leurs marques.

En clair, pour vendre plus sur un marché saturé d’offres, voici comment pourraient procéder les grands groupes industriels :
– Première étape : la connaissance des consommateurs.  Prendre un échantillon de consommateurs volontaires et leur soumettre un questionnaire pour connaître leurs marques et leurs produits préférés.
– Deuxième étape: la séance d’IRMf. Durant une projection d’une série  d’images de produits et de marques du marché, enregistrer l’activité de leur cerveau.
– Troisième étape : Les résultats. Lire l’IRMf qui doit montrer en principe que le degré de préférence d’un produit peut être identifié sur une zone précise du cerveau

L’association neurosciences – Marketing, pas encore éthiquement correcte, mais qui pourrait le devenir, permettrait de créer des campagnes de publicités hyper ciblées. L’enjeu est plus que jamais financier puisque chaque année, des milliards de dollars sont investis dans la communication marchande.  Nous pouvons avec l’arrivée du neuromarketing mieux apprécier les paroles de Patrick Le Lay, PDG de TF1, qui déclarait il n’y a pas si longtemps que la grille de programmation de sa chaîne était conçue pour vendre aux grandes marques "du temps de cerveau humain".