Toi qui sevrais le monde et chambrais les matins
Vois-tu venir le sombre essaimer ses noirceurs
Dans les songes naissants des hommes sans destin

Je t’écris de si loin, où frémissent les heures
Lorsque l’ombre se fond dans les arbres qui bougent
Tes larmes sont des fleurs qu’effeuille le malheur

Tes yeux sont les reflets marqués au soleil rouge
De l’horizon lointain où le jour se résorbe
Là où naissent mes mots que cisèle la gouge

Que dicte le silence à l’être qu’il absorbe
Sait-il que l’impatience est une tentation
Quand sa main se délie et caresse l’absence

Il est une musique au-delà du frisson