À quoi servent les fleurs qu’on pose sur la tombe
Quand l’être qu’on aimait repose sous la terre
Va-t-on chercher l’absence à l’aube qui succombe
Implorer ces rayons qui brûlent dans l’éther

Il est vain certains jours de parler d’avenir
Il est bon certains soirs d’épouser chaque joie
On voudrait bien parfois, s’arrêter, revenir
En arrière là où on courait dans les bois

Quand on était enfants et qu’on prenait le temps
De donner à la vie un rêve, un infini
On jouait à grandir, à mourir à cent ans
On lisait l’avenir comme un conte béni

Mais la vie a son train et parfois nous égare
Sur des chemins de croix, dans son champ funéraire
On cherche une lumière, il n’y a que brouillard
On naît et puis on meurt. Je me souviens mon frère